Comment préparer sa retraite à 35 ans : n’attendez plus pour commencer

Vous avez 35 ans. 

Si la retraite peut vous sembler encore à un horizon lointain, probablement plus proche de trois décennies. 

Le temps qui vous en sépare est sans conteste un de votre plus grand atout

Nous sommes fin 2025 à l’heure où j’écris ces lignes et le système de retraite que nous avons connu est de plus en plus incertain et ne cesse d’être remis en question par le gouvernement. 

Il est donc urgent, d’autant plus si vous n’avez encore rien entrepris, de commencer dès aujourd’hui à vous  construire un patrimoine solide par capitalisation. 

Pourquoi par capitalisation ? 

Avec les 29 ans qui vous séparent de votre départ légal à la retraite, vous pouvez bénéficier de l’effet exponentiel des intérêts composés.

Le temps devant vous est un levier puissant qui réduit significativement l’effort d’épargne mensuel que vous devez déployer pour atteindre vos objectifs.

Préparer sa retraite à 35 ans

Un diagnostic sans appel : votre anticipation est une nécessité

Notre système de retraite français repose sur la répartition, mais la retraite par capitalisation devient indispensable si vous souhaitez maintenir votre niveau de vie à l’identique lors de votre départ à la retraite.

La réalité du taux de remplacement (TR)

Le Taux de Remplacement est un pourcentage qui correspond au montant que vous allez conserver à la retraite, votre pension de retraite. 

Il est indexé sur vos revenus d’activité issus de votre dernière année en tant qu’actif. 

Pour illustrer ce taux, imaginons que lors de votre dernière activité, votre salaire mensuel est de 4 000 €. 

Lors de votre départ à la retraite, votre pension est de 2 300 €. 

Votre Taux de Remplacement est donc de 4000 / 2300, soit un taux de 58%.

Cet indicateur est essentiel pour évaluer l’impact qu’aura votre départ à la retraite sur votre niveau de vie.

Dans cet exemple, le manque à gagner pour vous si vous ne faites rien est de 1 700 € par mois.

Maintenant, selon les profils et les régimes, la pension de retraite (base et complémentaire) représente souvent moins des deux tiers de votre dernier salaire. 

Le TR moyen est estimé autour de 50 % à 70 % pour les salariés du secteur privé à carrière complète, et il est en baisse pour les nouvelles générations de retraités. 

Plus votre salaire est élevé, plus le TR sera faible.

Vous n’avez aucune idée de votre Taux de Remplacement prévisionnel ? 

C’est la première chose que vous avez à faire pour anticiper le déficit de revenu (le Gap) que votre épargne complémentaire va devoir combler.

Petit tour d’horizon temporel et le cadre légal

Pour les assurés nés après 1968 (génération des trentenaires), l’âge légal de départ est fixé à 64 ans

Planifier à 35 ans vous donne un horizon d’accumulation d’environ 29 ans.

À 35 ans, c’est le bon moment pour consulter votre Relevé Individuel de Situation (RIS), vous allez ainsi vérifier vos droits acquis et vos trimestres validés.

Définir une stratégie d’investissement dynamique

Avec près de trois décennies devant vous, n’ayez pas peur de mettre en place une stratégie d’investissement agressive.

Le temps dont vous disposez, c’est votre capacité à absorber la volatilité inhérente aux marchés financiers.

L’allocation d’actifs et la gestion du risque

Avec un horizon aussi long, vous devez privilégier la croissance du capital. 

Pour cela, il est conseillé d’opter pour une allocation dynamique, avec une forte exposition aux actifs de croissance comme les actions et les Unités de Compte (UC).

Les versements programmés sont une excellente stratégie, en versant un montant fixe tous les mois sur des supports dynamiques, vous êtes gagnant sur le long terme et cela vous permet de lisser le risque tout en obtenant des rendements très intéressant.

Il en va de même pour la diversification de vos placements : entre actions, obligations et immobilier, c’est l’un des piliers fondamentaux pour mutualiser les risques.

Dans le cadre de la préparation à la retraite, c’est un capital que vous allez utiliser pour compléter vos revenus, il vous faut donc intégrer un mécanisme de sécurisation progressive (de-risking) de votre capital. 

Ce processus intervient lorsque vous passez la barre des 50 ans, il a pour but de

 transférer progressivement tous les fonds alloués sur des supports dynamiques (UC) vers des supports garantis, comme le fonds en euros par exemple, à l’approche de votre départ à la retraite.

Le coût des placements : est-ce vraiment un problème ? 

Vous avez surement déjà entendu que les frais sur les contrats financiers sont exorbitants et viennent gréver le rendement global de votre capitalisation. 

C’est à travers ces frais que les sociétés de gestion se rémunèrent et rémunèrent leurs partenaires, comme les conseillers en gestion de patrimoine par exemple. 

S’il est vrais que de nombreux contrats dits internet sont compétitifs sur les frais liés aux versements, qui tendent souvent vers 0%. 

Ces sociétés de gestion ne sont pas philanthropes et les frais que vous ne payez pas en entrée sont récupérés ailleurs. 

Ce que vous devez avoir dans le viseur, c’est avant tout de disposer d’un bon contrat, qui va vous offrir une multitude de supports diversifiés pour investir votre capital en fonction de votre profil d’investisseur et espérer des rendements cohérents pour réaliser les objectifs que vous vous êtes fixé à terme. 

Il ne faut pas non plus nier l’impact des frais sur une capitalisation à long terme, dans votre cas, sur 29 ans, ils peuvent en effet être exponentiels. 

Pour cela, n’hésitez pas à négocier les frais liés à la gestion de vos contrats si ceux-ci vous semblent trop élevés, vous avez toujours une marche de manœuvre. 

Pour terminer, ne partez pas du principe qu’un bon contrat est un contrat sans frais.

Les outils de capitalisation financiers : le PER, le PEA et l’assurance-vie

On ne peut pas résumer une stratégie patrimoniale de qualité en évoquant des produits de capitalisation, c’est plus complexe que cela. 

Néanmoins, dans le cadre de la préparation à la retraite, nous sommes obligés de vous présenter, si vous ne les connaissez pas, ces trois enveloppes fiscales majeures, qui ont chacune un rôle bien particulier, mais qui sont complémentaires.

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) : pour défiscaliser et préparer sa retraite

Le PER, introduit par la loi Pacte en 2019, est le contrat unique dédié spécifiquement pour la préparation de la retraite.

La première chose à savoir est que le capital que vous allez placer est bloqué à minima jusqu’à vote départ à la retraite. 

En revanche, il offre un avantage fiscal durant votre période d’activité, qui vous offre la possibilité de capitaliser plus rapidement, notamment si vous être fortement imposé, c’est-à-dire que plus votre TMI est importante, plus votre économie d’impôt va être substantielle.

L’avantage fiscal du PER à l’entrée : les versements volontaires que vous effectuez sont déductibles de votre revenu imposable (dans la limite d’un plafond qui est disponible sur votre déclaration de revenus). Cette option est particulièrement attractive si vous avez une Tranche Marginale d’Imposition (TMI) de 30 % ou plus.

Imaginons que vous réalisez 10 000 € de versement volontaire par an sur votre PER, voici l’impact de la TMI sur la réduction d’impôts que vous allez obtenir ou sur la capitalisation supplémentaire que vous pouvez réaliser

Versement volontaireTMIÉconomie d’impôtCapitalisation supplémentaire
10 000 €0%0 €10 000 €
10 000 €11%1 100 €11 235 €
10 000 €30%3 000 €14 285 €
10 000 €41%4 100 €16 949 €
10 000 €45%4 500 €18 181 €

Les contraintes de liquidité : le PER est un investissement à long terme et les sommes versées sont, en principe, bloquées jusqu’à l’âge de la retraite.

Pour un déblocage anticipé : des exceptions existent pour débloquer le capital avant l’heure, pour l’acquisition de votre résidence principale ou en cas d’accidents de la vie (invalidité, expiration des droits au chômage, surendettement, décès du conjoint).

Concernant la sortie du capital : à la retraite, le PER offre une sortie flexible en capital, en rente viagère ou un panachage. Il est important de noter, que le capital est imposé à la sortie que ce soit en rentes ou en capital à 100%.

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) : l’exonération des plus-values

Le PEA est une enveloppe fiscale complémentaire au PER pour capitaliser pour la préparation de votre retraite. 

C’est un formidable levier pour augmenter votre capital par l’intermédiaire de la bourse. 

Vous allez dans un PEA détenir uniquement des actions sur des entreprises cotées. 

Les supports accessibles au travers d’un PEA sont les suivantes : 

  • Des actions en direct
  • Des fonds d’investissements
  • Des ETF, qui sont des fonds qui réplique un seul indice boursier, par exemple l’ETF MSCI World qui va répliquer le MSCI World

Si le PEA est strictement réservé aux actions Européennes en direct, vous pouvez investir dans des actions internationales via les ETF. 

Pourquoi le PEA est intéressant pour la préparation à la retraite ? 

Le marché action, pour qu’il soit performant, doit être un investissement à long terme. 

Pour le PEA, sa fiscalité en est de même. 

Avant 5 ans de détention : si vous effectuez un retrait, il entraine immédiatement la clôture du plan, de plus les plus-values que vous avez réalisées sont imposées à la Flat Taxe de 30%, plus les prélèvements sociaux à 17,2%, soit une imposition totale de 47,2%. 

Après 5 ans de détention : vous êtes uniquement soumis qu’aux prélèvements sociaux de 17,2%, et vous pouvez effectuer autant de retraits que vous le souhaitez. 

Concernant les limites, un PEA classique est limité à 150 000 € de versements. 

Au moment de prendre votre retraite, vous pouvez décider de récupérer votre capital sous forme de rente viagère. 

Cette rente est alors exonérée d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention. 

C’est un bon moyen d’obtenir un complément de revenu non imposé, c’est d’autant plus avantageux si vous êtes dans une haute Tranche Marginale d’Imposition. 

L’assurance vie : de la flexibilité et un avantage considérable pour votre transmission

L’assurance-vie est assurément le contrat le plus versatile qui existe en France. 

Il offre énormément de souple, de part son large univers d’investissement, en effet, au travers d’une assurance-vie, vous avez accès : 

  • À des supports en fonds euros
  • À des supports en Unités de Comptes
  • À des Produits Structurés
  • À de l’investissement immobilier via des SCPI ou des OPCI
  • À du Private Equity
  • À des OPCVM
  • ….

S’il est excellent à long terme pour préparer votre retraite, c’est aussi un placement très liquide, contrairement au PER ou aux idées reçues qu’ont bons nombres de Français sur la question. 

Oui, vous pouvez récupérer tout ou partie de votre capital à tout moment. 

Il y a seulement un délai de 15 jours en moyenne pour obtenir le capital sur votre compte courant. 

Concernant la fiscalité des retraits, elle ne s’applique que sur les plus-values réalisées et jamais sur le capital initial !

Après 8 ans de détention, vous obtenez une fiscalité avantageuse sur les plus-values lors des rachats, avec un abattement annuel de : 

  • 4 600 € pour une personne célibataire
  • 9 200 € pour un couple marié ou Pacsé

Concernant la fiscalité, elle est de 30% avec la Flat Taxe avant 8 ans et après 8 ans, elle est de 7,5% + 17,2% de prélèvements sociaux pour les primes inférieures à 150 000 € et de 30% pour les primes supérieures à 150 000 €.

Un point rapide concernant la transmission, l’assurance-vie n’entre pas dans l’actif successoral, et vous pouvez choisir qui vous voulez comme bénéficiaire effectif de votre contrat en réalisant une clause bénéficiaire. 

Pour l’utiliser comme moyen de revenus complémentaire à la retraite, vous pouvez récupérer votre capital en totalité, une partie en capital et l’autre partie en rachats programmés, ou la totalité en rachat programmés. 

Le pilier immobilier : obtenir des revenus stables et défiscalisés avec l’effet de levier du crédit

L’investissement immobilier est une composante solide de votre stratégie retraite, protégeant naturellement votre capital contre l’inflation tout en profitant de l’effet de levier du crédit.

Investissement en direct et dans sa résidence principale

Entre acheter ou louer, c’est à vous de voir ce qui vous convient le mieux, mais il n’en reste pas moins que l’acquisition de votre résidence principale est une option à envisager, car elle vous garantit de ne pas avoir de loyer à payer à la retraite, sous réserve que vous ayez lancé le projet suffisamment tôt, si vous l’achetez à crédit. 

Le budget alloué au logement est en moyenne de 19,7% (https://www.insee.fr/fr/statistiques/5371269?sommaire=5371304), devenir propriétaire de votre résidence principale est un bon moyen de récupérer du pouvoir d’achat au moment de la retraite.

L’autre possibilité, c’est l’investissement locatif qui doit être envisagé pour générer des flux de revenus à terme. 

En commençant à 35 ans, vous utilisez votre effet de levier du crédit pour que vos loyers remboursent tout ou partie de l’emprunt. 

L’objectif étant d’avoir 100% des loyers au moment de la retraite et de ne plus être endetté à 64 ans.

Vous pouvez donc réaliser un ou plusieurs investissements en  immobilier locatif en direct et en location nue, c’est-à-dire que vos revenus fonciers sont imposés au titre du barème progressif (votre TMI) plus aux prélèvements sociaux de 17,2%. 

Cette option est intéressante si vous êtes peu imposé, sinon une autre alternative existe pour optimiser fiscalement votre investissement.

Investir en LMPN (Location Meublée Non Professionnelle)

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est très pertinent pour générer des revenus locatifs stables et pérennes.

Les avantages du statut : les revenus issus du statut LMNP relèvent des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), le régime réel simplifié vous permet de déduire toutes les charges (y compris les intérêts d’emprunt) et d’appliquer un amortissement comptable sur le prix du bien (hors terrain). Ceci génère un déficit fictif qui annule l’impôt sur le revenu sur les loyers (pour de longues années).

Les conditions à respecter : vos recettes annuelles ne doivent pas excéder 23 000 € et doivent rester inférieures aux revenus professionnels de votre foyer fiscal.

Enfin, si vous souhaitez investir pour votre retraite en immobilier sans soucis de gestion, il faut vous tourner vers les SCPI.

Les SCPI : l’immobilier sans gestion

Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) vous permettent d’accéder à l’immobilier sans les contraintes de gestion locative.

Vous achetez des parts de SCPI et vous allez détenir un pourcentage du parc immobilier au prorata de vos parts. 

De la même manière, vous allez recevoir, mensuellement, trimestriellement ou annuellement, les revenus des loyers perçus par la SCPI, toujours au prorata de vos parts.

À noter : les revenus issus des SCPI sont imposés au barème progressif et aux prélèvements sociaux de 17,2%. En fonction de votre TMI cette imposition peut aller de 17,2% à 62,2%.

Accessibilité et sans gestion : Le ticket d’entrée pour investir dans une SCPI est faible (dès quelques centaines d’euros, par exemple à partir de 5 000 €). La gestion est entièrement déléguée à une société de gestion.

Un placement diversifié : les SCPI offrent une forte mutualisation des risques, investissant dans divers secteurs (bureaux, santé, logistique) et zones géographiques (y compris en Europe).

Un rendement attractif : les rendements annuels (historiques) sont compétitifs, se situant souvent entre 4 % et 8 % nets de frais de gestion.

Investir en SCPI via un achat direct ou, pour optimiser la fiscalité, au sein d’un PER ou d’une assurance vie est une excellente solution complémentaire à l’investissement immobilier direct.

À 35 ans, vous disposez d’un large panel de solutions pour préparer votre retraite, et si vous n’avez pas encore commencé, il est grand temps de mettre le sujet sur la table.

C’est justement le rôle d’un conseiller en gestion de patrimoine, de vous accompagner dans cette réflexion. 

Vous pourrez ainsi planifier une stratégie d’investissement cohérente en fonction de vos objectifs, de vos moyens et de votre situation, pour vivre une retraite, heureux et épanoui, sans subir de plein fouet une perte brutale de revenus.